Ici et Maintenant
- sahlermm
- 3 août
- 2 min de lecture

Durant cet été, que je passe là où j'habite, c'est à dire en pleine campagne, j'ai dû faire face à une épreuve d'un nouveau type pour moi.
Les membres de ma famille avaient organisé avec leur père des vacances dans un chalet en montagne. Qui avait organisé, je ne le sais pas. Je l'ai su incidemment, apprenant par la même occasion que je n'y avais pas ma place.
Ce fut un choc pour moi. Je pouvais très bien m'imaginer dans un gîte à l'écart et participer à certaines randonnées, sans forcément être totalement incluse dans le contexte familial. Même si m'a-t-on dit à plusieurs reprises: les randonnées auraient été trop difficiles pour toi. Certes, mais je suis capable de suivre mon propre rythme. Cette semaine de vacances, je l'avais espérée durant toute notre vie commune, une fois les enfants adultes, mais "il" avait toujours refusé. Et dans un sens tant mieux car il pouvait avoir des impatiences avec des conséquences délicates. Mais voilà, je quitte le couple et soudain cette opportunité se met en place.
La colère et la douleur sont venues. La colère de ne pas avoir pu vivre ces retrouvailles de vacances que j'aurais tant aimées lorsque nous étions en couple, et la douleur de ne pas voir certaines personnes que j'aime profondément mais que je vois peu.
J'ai donc dès le début de la semaine choisi de m'installer dans "mon" moment présent. Je n'étais pas en montagne, j'étais ici, dans ma campagne, avec mon jardin, mes activités que j'aime, mes marches, je n'étais aucunement en danger de quoique ce soit et il n'y avait aucune raison que je me languisse. Et cela a très vite opéré. Cela m'a demandé de la maîtrise. Chaque fois que j'étais tentée de m'évoquer l'air des montagnes que j'aime tant, les repas en famille etc, une petit voix me disait"stop Marie, reviens à ton présent, ici et maintenant, tout va bien". J'ai évité autant que j'ai pu les messages, les photos. "Je suis dans mon présent, je suis heureuse pour vous, mais laissez-moi dans "mon" présent"
Petite étiquette de chambre d'hôtel:"ne pas déranger".
Peu à peu une grande force s'est installée en moi. Je crois que je la dois au chêne centenaire de mon jardin. Il est très proche de la maison et me transmet son énergie jour après jour, de façon si subtile que je ne m'en rends pas compte, mais je le sais. Je suis certaine qu'il m'a appelée quand je suis arrivée ici. J'étais en plein divorce, défaite, parfois en mille morceaux, mais il m'a reconstruite. je lui dois désormais de m'avoir donné la force d'avancer avec détermination vers ce qui m'attend.
La semaine dernière j'ai participé à un atelier dessin au bord de l'étang de mon village. "Mon" chêne m' inspirée. Je le sentais merveilleusement vivant et puissant en moi.
Je savais qu'il y aurait un avant et un après . Je ne savais quel serait cet après mais aujourd'hui je sais.
Avec une infinie gratitude












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